
J'ai un peu délaissé la babouche et je m'en repens. Ici c'est un pied dans une weston et l'autre dans une tong. Je ne me souviens plus de l'idée que je me faisais des Philippines avant de venir y poser mes valises mais ça devait ressembler à ça: pauvreté, terrorisme et typhons. La sainte trinité des Philippines.
Apres 2 mois passés dans l'archipel (loin des bidonvilles du sud frappés par les milices islamistes) je n'ai pas à me plaindre. Nous vivons à Makati, le business district, au 27eme étage d'une tour moderne. La vue est prenante et les week-ends sont juste fantastiques.
Nous avons pu nous émerveiller 3 fois de suite devant les eaux cristallines de Boracay une île située a 1h d avion de Manille. Nous

avons plongé avec les requins baleines et les raies montas a Donzol.
Nous, c’est Maria et moi. Ma coordinatrice qui gagnerait haut la main le concours de la personne la plus joyeuse sur terre. Les Philippines ont d’ailleurs eu l’honneur de figurer en haut de la liste du pays le plus joyeux. Curieusement, le Nigeria figure aussi dans le trio de tête. Comme s’il y avait un rapport inverse entre la pauvreté d’un pays et sa propension à être heureux. J’en connais une qui serait complètement d’accord..
C’est d’ailleurs le trait le plus agréable de ce pays. La Philippins sourient tellement que c’est à croire qu’ils se foutent de votre gueule. Il n'a qu'un parisien pour penser une chose pareille...La vie est facile sous le soleil Philippin. Une vie indulgente et désinvolte. Les mots dépression et anxiété n’existent dans aucun des 70 dialectes parlés dans les 7007 îles que comptent l’archipel.

A tous les déprimés de la terre: rejoignez-nous aux Philippines!
Je suis confortablement coincé dans le piège a expat. C’est une bulle dorée que l’on finirait par croire réelle. Quelquefois j’ai l’impression d’être André Gide dans son voyage en URRS. Je vis ma vie dans un village Potemkine. Un décor fabrique pour accommoder une population d’expat.
A force d’interviewer l’élite qui nous répète que tout va bien et que la situation s’améliore on finit par y croire aussi un peu. Normal, les gens sourient et les tours poussent comme des champignons.
On peut toujours se dire que cette croissance économique va finir par porter ses fruits et se transformer en développement économique. Prendre la mesure du temps, c’est la différence entre un idéaliste et un cynique. C’est pas Mitterand qui disait qu’il fallait donner du temps au temps ? Aller dans les bidonvilles ou tout le monde vit avec moins d’un dollar par jour et aller leur dire que « the economic growth will only trickle down dans les 5 prochaines années. » comme on entend en permanence de la bouche des happy fews.
Pour l’instant je n’ai vu la pauvreté de ce pays qu’a travers les vitres de mon van qui m’emmenait plonger dans les environs de Maniles. Je n’ai pas encore eu le courage de rompre le vernis exotique de ce pays qui a tellement au offrir aux riches.
Voila pourquoi je n’ai pas été vraiment bavard ces derniers temps. Pas vraiment l’envie d’enfoncer des portes ouvertes. Je suis aux Philippines depuis 2 mois mais j’ai plus l’impression d’être a Dysneyland. Ceci dit, c'est trés agréable d'être à disneyland...
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